jeudi 12 juillet 2012

Celle que je..., Vanyda, Dargaud

Je suis partie en week-end en emportant les trois tomes de la série BD Celle que... de Vanyda.
Cette série emprunte les codes du shojo (manga s'adressant aux jeunes filles) mais ne nous vient pas du Japon : son auteure, Vanyda, est installée à Lille.
Cette série "d'apprentissage" raconte la vie de Valentine, l'évolution de ses rapports avec les autres, de ses amours et ses amitiés, chaque tome suivant les paliers de son cursus scolaire. Aucun personnage n'est figé dans un stéréotype, tous évoluent, empruntent des voies, reviennent sur leurs pas. Les cheveux poussent puis sont coupés, les styles vestimentaires s'affirment en même temps que les traits de caractères. L'évolution de Valentine ne transparaît pas uniquement dans les titres, mais aussi dans les couvertures, qui la montrent se relevant peu à peu. 













Celle que je ne suis pas décrit son année de 3è, avec l'enjeu de l'orientation (qui passera ? qui redoublera ? qui sera reçu dans quel lycée ?), les premières fêtes accompagnées des premières transgressions.



Celle que je voudrais être se passe durant l'année de seconde : éclatement de la bande d'inséparables copines, découverte d'un nouveau milieu, apparition de nouvelles "têtes", l'opportunité donnée de construire sa personnalité en quittant l'influence des anciennes copines et en choisissant ses nouvelles fréquentations.


Enfin Celle que je suis parcourt l'année de 1ère, les premiers engagements "politiques" (grève des lycéens), tout en poursuivant une description scrupuleuse et réaliste du quotidien d'une lycéenne dans sa banalité (cours, fêtes, cantine, week-end, école buissonnière...).

En un week-end, j'ai eu l'impression de vivre ces trois années, ou plutôt de les re-vivre, comme des souvenirs. Non seulement le quotidien de cette vie ordinaire peut permettre de s'identifier facilement à l'un ou l'autre des personnages, mais en outre, les décors, les repères architecturaux et certains détails ne peuvent que trouver écho quand on a été lycéenne en métropole lilloise (on reconnaît le Furet, le métro, les bus, la Grand'Place, certaines rues, le Quai de Wault...). À quelques années près, j'aurais pu faire partie de cette bande de copines !

Me voyant dévorer avidement ces trois volumes, Cédric a eu envie de les lire à son tour. Il a commencé par trouver, vers le milieu du premier tome qu'"il ne se passe rien", mais c'est justement la chronique d'une vie ordinaire qui la rend attachante. Rien n'est rendu faussement romantique ou dramatique. Les choses se passent, et Valentine agit ou subit alternativement, elle observe et ressent. Certaines planches, muettes, se jouent sur un simple regard échangé.À noter, l'auteure a annoncé récemment sur son site que la série allait faire l'objet d'une réédition en couleurs, renommée Valentine.

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