mercredi 20 février 2013

Et puis ça fait bête d'être triste en maillot de bain, Amandine Dhée, Contre Allée


Amandine Dhée nous offre une ballade acidulée d'être au monde en exprimant les difficultés à devenir pleinement qui l'on est et au "droit d'être là" face à la froide et imposante machine administrative et institutionnelle qui entend modeler l'individu dans des règles et des normes.

"Chez nous, on aime les livres et on se méfie des institutions" est le fil fragile mais qui ne rompt pas de son parcours affectif et professionnel pour désarmer les jugements péremptoires sur ce qui se fait ou ne se fait pas ; surmonter les angoisses et les appréhensions en gardant "toujours une fugue en poche quand ça fait mal" pour enfin accepter et vivre sans culpabilité les "imperfections" (parfaites) dans une société ordonnée et prescriptive.

On suit alors la petite fille écolière "qui se soumet pour avoir le droit d'être là", l'adolescente à qui l'on inculque "qu'il faut désormais mériter", l'adulte qui doit être "autorisée"administrativement pour être auteure.

La prouesse d'Amandine Dhée est d'écrire ses mots parfois très durs sans se départir de l'humour enfantin qui enchante le livre dans des phrases courtes très imagées où l'émotion affleure. Les encarts de prescriptions qui parsèment le livre comme la lutte contre l'obésité du chat ou l'histoire de l'ogre qui ne veut pas tuer sont aussi des clins d'oeil amusants à ne pas manquer.

Ce roman est comme une bouffée d'oxygène indispensable !



Zakuro

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