lundi 30 décembre 2013

Seule dans ma peau d'âne, Estelle Savasta, Lansman Editeur


Une petite fille (l'infante) dont la mère (la Reine) vient de mourir fuit la demande en mariage insensée de son père (le Roi) en se cachant dans une peau d'âne, seule dans la forêt.

Une carapace qui protège mais isole en même temps. Un refuge pour se consoler de l'immense chagrin de la perte de sa mère. Des couches de peaux à se défaire pour devenir grande, libre et entière. Son corps est comprimé dans les oripeaux mais son coeur, lui, cogne, douloureusement vivant. A force de colère indignée, de larmes, de courage et de volonté, la petite fille qui tombe et se relève sort progressivement la tête, les jambes, les bras puis le corps entier. Dans sa lente métamorphose, la petite fille est accompagnée par une douce sensation en elle "une petite chose comme la lumière de la maison des autres quand on marche dans la nuit". Mais elle ne se reconnait plus. La petite fille "se sent comme un dessin sans contour". Devenue adulte et femme, elle est prête à découvrir le monde et aller vers les autres pour se faire une place dans cette étrange fête foraine qu'est la vie.

Ce texte théatral (réédité en 2013 par les éditions Lansman) est le fruit d'un spectacle écrit et mis en scène par l'auteure, Estelle Savasta en 2008. Il est une version moderne et personnelle du conte Peau d'Ane.

Par ce texte lumineux et scénographique, le lecteur imagine très bien le silence, la gestuelle lente du corps et les expressions intenses du visage de la comédienne tandis que le texte est lu en voix off au public. L'imprégnation totale dans le jeu théatral renforce l'impact d'une question essentielle, comment grandir.



Zakuro

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