mercredi 15 janvier 2014

Les mouettes, Sandor Marai, Editions Albin Michel


Un froid matin d’hiver hongrois. Un visage féminin éthéré franchit le brouillard. Seul dans un bureau, les mains d’un homme tremblent de nervosité.
Le visage est celui de Aino Laine, Unique Vague, jeune femme finlandaise à la recherche d'un travail en tant que professeur. Les mains sont celles d' un haut fonctionnaire d'Etat, qui sur ordre vient d'écrire un communiqué confidentiel sur l’entrée en guerre de la Hongrie.
Hasard ou destin, cet homme et cette femme se rencontrent.
L'homme (sans nom dans le texte) est d'abord incrédule car il reconnaît en Aino Laine les traits d’une femme qu’il a autrefois aimé. Car cet homme doute de la réalité, ne la tient rarement acquise.
Unique Vague, elle, s'applique à vivre avec force et ivresse sans se demander si la vie a un but comme le vol léger et délicat d’une mouette.

Ce roman est le face à face diaphane de l'aube jusqu'à la fin de la nuit entre ces deux êtres ; Ils se confrontent aussi bien sur des thèmes intellectuels et généraux que sur des questions métaphysiques ou des sujets plus personnels et intimes qui touchent au sens de la vie, le rôle du couple dans l’Histoire, l'amour et le merveilleux.
L'homme et la femme se plaisent, se tutoient, se trouvent parents, amis. Ils sont reliés physiquement par un seul baiser qui fait l'objet d'un très beau passage dans le roman sur son origine primitive et son sens.

C'est avec plaisir que j'attends chaque année la réedition par Albin Michel des romans de Sandor Marai qui détient l’art suprême de sonder l’âme humaine.


Zakuro

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