mardi 27 octobre 2015

Archives du vent, Pierre Cendors



"Mettre en lumière le langage de l'obscur".

Faire naître de l'invisible et des ombres une autre réalité que celle du monde où nous vivons.
Renouer avec l'autre partie de nous-mêmes bien plus révélatrice de qui nous sommes mais ensevelie sous la sédimentation du quotidien.
Pierre Cendors nous offre cet instant dans un texte hypnotique et sublime comme le regard magnétique et profond  de l'actrice Louise Brooks, l'ange noir, qui semble sonder notre âme.

"Archives du vent", la seule lecture du titre est déjà prometteur du charme terrible de ce livre  : saisir l'impalpable.

" Dans ce monde devenu tout à coup immobile, je crus entrevoir l'essence de la beauté. Elle était là, devant moi : fragile banquise d'un instant, pure flottaison de l'âme sur les hauts-fonds d'un mystère. La contempler ainsi dans sa nudité assouvissait un désir de sacré, qui dans le même temps, se révélait inextinguible".

"Le marcheur du vide", " ouverture au noir", "le cabaret du néant"  sont des exemples de titres de chapitres qui sont révélateurs de l'emprise très forte d'emmener le lecteur  vers une frontière de plus en plus floue entre la réalité et un autre réel possible, vers une autre dimension où le vrai et le faux s'éteignent.

L'écriture et le cinéma des années 30 et 50 s'imbriquent naturellement dans ce roman très singulier à la fois métaphysique et réaliste construit autour d'une énigme qui s'apparente à une enquête policière.
Egon Storm est un réalisateur islandais reconnu mondialement par son invention technologique révolutionnaire, le Movicône :  faire jouer ensemble des acteurs disparus dans des films qu'ils n'ont jamais tournés.
Rattrapé par sa célébrité, cet homme solitaire et adepte de chamanisme  se réfugie dans les terres les plus éloignées d'Islande, là où le ciel rejoint la mer.
Dans une cavité rocheuse seulement recouverte à marée haute, Egon Storm y puise l'inspiration. Il  a  aussi  de puissantes  visions qui le ramènent à  un homme mystérieux,  Solness.

Je ne dévoilerai pas plus l'intrigue car tout  réside entre les lignes des feuilles blanches et les séquences en noir et blanc du cinéma muet.
J'ai lu le livre, j'ai vu un film , c'est un pur plaisir.
Je ne peux que répéter mon enthousiasme à lire "archives du vent". J'ai été surprise par la tournure des évènements et  complétement envoûtée par son imaginaire très séduisant.


Zakuro.




 

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