jeudi 8 octobre 2015

Philip K. Dick, Ubik


Des morts en sursis avec qui l'on peut encore communiquer, un monde ultra-capitaliste où il faut payer pour tout, y compris pour ouvrir la porte d'entrée de son appartement, et ces personnes dotées de pouvoirs psioniques (télépathes, précognitifs) à qui s'opposent les « anti-psis », capables d'annuler les talents des psis : c'est le monde d'Ubik.

Joe Chip, le personnage principal, travaille pour Glen Runciter, dirigeant d'une entreprise qui engage ces « anti-psis ». Il est envoyé, lui, son patron et toute une équipe en mission sur la Lune, où l'on soupçonne qu'une entreprise a été infiltrée par des psis. Le tout se révèle un piège, agrémenté d'un attentat. L'équipe fuit la planète en emportant leur patron mourant. Et c'est là que tout dégénère autour d'eux : la navette, âgée de quelques années, comporte des éléments datant de plus de dix ans ; le café qu'on leur sert sur Terre est moisi comme s'il datait de plusieurs années ; les appareils technologiques de la maison de Joe se transforment peu à peu en matériel désuet ; il entend la voix de son patron mourant au téléphone, et découvre que son visage apparaît sur les pièces et les billets de banque… L'histoire nous emmène de suppositions en suppositions à travers un monde profondément troublant.
Philip K Dick est un monument parmi les auteurs de science-fiction. Blade Runner, Total Recall, Minority report, A scanner darkly,… on ne compte plus les films adaptés de ses œuvres. Ubik fait partie de ses livres les plus encensés par la critique, et à raison. On y retrouve les thèmes favoris de l'auteur (les mondes parallèles, les pouvoirs psioniques, la critique de la politique, des thèmes religieux et mystiques), ses interrogations (« Qu'est-ce que la réalité ? »), le tout dans un style impeccable. Ubik est probablement l'un des plus aboutis des romans de l'auteur. À lire absolument.

France M.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire