lundi 9 juillet 2012

Svoboda, Kris, Pendanx, Futuropolis


Svoboda propulse le lecteur sur les fronts fangeux et gorgées de sang de la fin de la Première Guerre mondiale. Jaroslav Chveïk est un écrivain tchèque que les circonstances ont transformé en soldat. Dans une Europe en pleine déliquescence, notre soldat écrivain ne sait plus très bien pour quelle patrie il se bat. Son régiment, entièrement composé de compatriotes, a envoyé paître l’empereur austro-hongrois pour se donner à la Russie tsariste. La révolution éclate. La Russie signe la paix. Le chaos s’installe. Les Tchèques ne savent plus où aller. Un train les emmène, lui Jaroslav Chveïk, et ses camarades déboussolés. Ils roulent vers Vladivostok où un bateau doit les ramener en Europe… et sur le front où la guerre n’en a pas fini avec eux. Tous ont hâte de rentrer. Mais les aléas de l’Histoire leur réservent encore quelques surprises…

Par certains aspects, Svoboda rappelle Le Mors aux dents de Vladimir Pozner ou l’œuvre d’Isaac Babel. Les péripéties de ces Tchèques ballottés par les tumultes de la guerre renvoient ironiquement à ce continent européen en train de se perdre par lâcheté et par bêtise. L’album s’inscrit tout autant dans un récit d’aventures que dans cette littérature typique de l’Europe centrale, que le nazisme puis le stalinisme sont sur le point de détruire aussi sûrement que les communautés juives dont elle est souvent issue.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire