lundi 20 août 2012

Karnak Café, Naguib Mahfouz, Actes Sud


Une œuvre parmi de nombreuses autres d'un des plus grands prix Nobel de littérature que j'ai pu lire.
Dans le Caire des années 60, trois étudiants font du Al Karnak Café  leur repère pour y voir passer tranquillement le temps, échanger des banalités ou deviser sur le monde. Ils sont jeunes et heureux. Ils ont la blague aisée et font confiance en l’avenir qui s’offre à eux. Tous se sont pris d’amitié voire d’amour pour la propriétaire, une ancienne danseuse de plusieurs années leur aînée.
Mais la quiétude n’est qu’apparente.
Du jour au lendemain, ils cessent de fréquenter le café sans que personne n’en connaisse les raisons. Puis, ils reviennent tout aussi subitement sans explications. Les rires et la joie de vivre ont cependant disparu. Ils sont sombres et amères.
Accusés à tort d’appartenir à une organisation fondamentaliste, ils ont été torturés et se retrouvent au cœur d’une escalade de violence qui ne laissera personne indemne y compris leurs amis les plus proches. L’un d’eux meurt. Les deux autres en sortent exsangues. Et tout ce en quoi ils croyaient, tout ce qu’ils avaient imaginé construire, tous ceux qu’ils aimaient se trouvent souillés à jamais.
Fidèle à lui-même, Naguib Mahfouz déploie son art de l’agencement et de la peinture des sentiments pour placer au cœur de la vie simple, heureuse et banale d’anonymes les effets de l’Histoire et d’un pouvoir politique aveugle dans un court roman qui ne laissera pas indifférent.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire