dimanche 4 août 2013

Les poissons ne ferment pas les yeux, Erri de Luca, Editions Gallimard


Au soleil couchant d’une lumineuse beauté, Erri De Luca écrit sur ses parents et l’enfant qu’il était quand «tenevo 10 ans».
En langue italienne, « le verbe tenir est plus précis pour dire l’âge ».
Cette précision est importante pour l’auteur très attaché aux valeurs de l’engagement défini par «maintenir», son verbe préféré.
«Dix ans, c’était un cap solennel, on écrivait son âge pour la première fois avec un chiffre double. L’enfance se termine officiellement quand on ajoute le premier zéro aux années».
Pourtant, dans la tête et le corps d’un enfant de cet âge, le changement n’est pas si rapide. Ni enfant, ni adolescent , il est à ce passage « dans une enveloppe contenant toutes les formes futures » de sa vie d’adulte en devenir.
Alors comment vite grandir, comment casser ce corps comme une coquille devenue trop petite face au déferlement des émotions ?
Cet été des 10 ans passé sur l’île des pêcheurs dont il admire le silence et les gestes simples, sera l’été des premières fois pour l’auteur.
Enfant aimant la solitude et la lecture, Il va délibérément donner son corps aux coups d’une bande de garçons et va connaître le verbe « aimer » avec une fillette de son âge, un amour pur comme « une neige qui ne fond pas même en plein mois d’aôut, qui reste dans le souffle comme la mer dans une coquille vide ».

J’ai beaucoup aimé ce puissant récit initiatique : un temps d’arrêt pour se retrouver et ne pas oublier qui l’on est.

Zakuro

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