jeudi 29 mai 2014

Portrait (s) de George, Emmelen Landon, Editions actes sud


" Je regarde les cartes pour me perdre, pour savoir où je ne suis pas". »

Emmelene Landon est une artiste aux multiples talents. Elle est aussi une grande voyageuse qui n'hésite pas à embarquer sur un cargo pour figurer le monde.
De retour à Paris, Emmelene Landon (George, son double) réussit à faire entrer l'aventure humaine de ses voyages et les cartographie dans son petit atelier aux anciennes odeurs d'imprimerie.
Elle le fait en peignant des portraits. Toujours dans la lenteur et la concentration. Peindre les visages est ce qu'elle aime le plus. Le visage d'une personne n'est pas un modèle pour elle mais "quelqu'un". Dans le sens où le portrait n'est pas un tableau figé mais représente la trajectoire vivante d'une vie depuis la naissance.
Le sillon d'une ride, la captation d'un regard, un geste de la main sont autant d'expressions que l'artiste compare aux contours géologiques d'un territoire.
Le portrait devient une peinture cartographique qui creuse aux origines afin de révèler sa présence.

J'ai beaucoup aimé ce roman qui dévoile une manière de peindre non conventionnelle en abordant des thèmes aussi variés et passionnants que la géographie, la géologie, l'urbanisme (une évocation très humaine des rues abandonnées de Détroit suite à la crise automobile). Mais aussi la botanique (notamment avec l'Ailante, arbre singulièrement résistant qui pousse dans les terrains vagues) ou encore la psycho-géographie et l'ethno-cartographie.

Des portraits imaginaires très évocateurs que les mots peignent en toute simplicité et poésie.


Zakuro

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