vendredi 6 septembre 2013

La dernière séance, Chahdortt Djavann, Editions Fayard


Coïncidence heureuse, en lisant "la dernière séance" j'entendais pour la première fois la voix déchirante de la chanteuse libanaise Fairuz.
La voix de Fairuz et l'écriture de Chahdortt Djavann s'accordaient magnifiquement dans ma lecture.
Dans ce roman, Fairuz est aussi l'idole de Donya, adolescente iranienne dans les années 1990.
A l'extérieur, Donya est une brillante étudiante dont l'élan est brisé net par un drame qui la rend adulte de manière brutale.
Donya à l'intérieur est un être humain cisaillé par de profondes fêlures depuis son enfance.
Après ce drame qui renforce son mal être en intensité et en durée, Donya fuit l'Iran et s'exile en Turquie. Elle mène alors une vie presque clandestine souvent dangereuse et arrive à s'assumer financièrement en mutlipliant les activités professionnelles. Seule, elle prend parfois des décisions à l'opposé de sa sensibilité. Ce qui la tient en vie est la poursuite de ses études dans une université malgré la fatigue et la pauvreté.
Car son obstination à vivre est animée par l'obsession de rejoindre Paris, la ville de son amour pour la langue française.
A force de tenacité et de courage, Donya finit par se réfugier à Paris. C'est à Paris qu'elle parle enfin et se confie à un psychanalyste.

La narration peut surprendre car elle n'est pas linéaire mais repose sur deux temps : un temps, un chapitre où le lecteur suit Donya dans son échappée vers la liberté ; un temps, un chapitre où le lecteur est témoin de ses séances chez le psychanalyste. Une façon donnée aux lecteurs de lui venir en aide peut-être.
La dernière séance est un très beau portrait de femme luttant pour sa (sur)vie.
Un hommage à toutes les femmes porte-paroles des victimes de l'oppression et des discriminations quel que soit le pays.




Zakuro

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